La
première ajout

Au
XIIIe siècle, les comtes de Vaudémont décident de
doubler la surface du château.
Cette zone possédait deux tours du côté de la
Moselle (au sud) et des écuries. Deux tours furent
érigées à l'ouest du donjon (dont l'une face au
batiment au volet vert visible sur la première photo), ainsi
qu'une muraille englobant
la future église
St-Laurent construite au XVe siècle.
Sur le côté nord de ces deux parties du château (du
XIe au XIIIe siècle) se trouvait un village, transformé
au XVe siècle en place avec granges, magasins de réserve
et habitations de vassaux et du personel du château.
La
deuxième ajout


A l'extinction
de la branche des Vaudémont, le château de
Chatel-sur-Moselle devint propriété des Seigneurs de
Neufchatel. Ceux-ci décidèrent d'agrandir de nouveau
(durant la période 1410 - 1430) le château. Ils
construisirent une muraille, agrémentée de 5 tours, au
nord de ce qui avait été construit par les comtes de
Vaudémont. C'est à cette époque que fut
également construit le pont-levis évoqué plus
haut. Les fondations de ce pont-levis se trouvent actuellement sous le
batiment visible sur la première photo de cette page.
Ce qui était la grange et les écuries de la partie
initial du château devient l'arsenal. Ce bâtiment est alors
pourvu de bouches de ventillations afin de limiter le taux
d'humidité dans le but de ne pas perdre la bonne qualité
de la poudre entreposée.


Il a
également été construit à cette même
époque la salle des fêtes ainsi qu'un logis seigneurial
entre la première et la deuxième partie du château
construite par les comtes de Vaudémont.

Dans ces
batiments d'habitation, nous pouvons y découvrir, entre-autre,
une boulangerie dont l'un des murs permet l'accès à un
puit afin d'y puiser l'eau nécessaire à la fabrication du
pain.
Le pompage de l'eau se faisait à
l'aide de
tuyaux en chêne
dont le coeur avait été creusé. Au cours des
fouilles de dégagement du château, plusieurs de ces tubes
ont été découverts.


Dans ce logis
Seigneurial, d'autres pièces sont encores visibles de nos jours.
Comme il a déjà été
précisé, la hauteur de ces pièces permetait un
meilleur chauffage.
La
dernière modification du château

Les techniques
de la guerre se sont modifiées. En effet, jusqu'à la
période 1410-1430, les boulets de canons étaient en
pierre et faisaient donc "relativement peu de dégats".

A
partir de la période 1443-1460, les canons deviennent plus
efficaces. En effet, ils envoient maintenant des boulets, non plus en
pierre, mais de métal. Il est donc impératif de
protéger plus efficacement la partie principale du
château, à savoir la zone initiale, la première
extension à l'est ainsi que la partie nord. Pour cela, une
muraille supplémentaire, moins haute, dotée de 7 tours
est édifiée sur toute la périphérie du
château.
Sur la façade nord du château est édifié un
large fossé de terre, barré en son milieu d'une haie
d'épines. La partie sud du château étant
"relativement" protègée par la Moselle.
Au final, la ville, fondée au début du XIIIe
siècle, était close de murailles flanquées de 12
tours et dotées de 2 portes fortifiées. Elle comptait au
XVe siècle de 650 à 700 habitants.
La forteresse, à elle seule, couvrait 5 hectares,
développait 1,4 km de remparts et comptait 22 tours dont le
donjon.
La
guerre de trente ans à Chatel-sur-Moselle
Comme un grand nombre de place fortes de Lorraine, Chatel à
subit de nombreux sièges. 12 au total.
Ici, comme pour les autres places fortes de Lorraine, Chatel devait
"tomber" afin, d'une part, de permettre le libre passage des
armées du roi de France vers l'est, c'est-à-dire l'Empire
Germanique et d'autre part, que les Lorrains se soumettent à
l'autorité du roi de France.
Chatel-sur-Moselle capitula en 1670.
Articles
de la capitulation de Chatel
Article que
présente le Sieur de Beaufort, bally et gouverneur de Chatel,
à Monseigneur le maréchal de Créquy (chargé
d'exécuter les volontés de Louis XIV) :
1°
Que sa personne avec tous les
officiers auront la vie et bagues sauves avec tous les soldats ;
sçavoir chevaulz-légers des compagnies de son altesse et
prince de Vaudémont, les mousquetaires de Son Altesse,
simples cavaliers, ensemble tout le reste de l'infanterie, à
l'exception des Esleuz qui sortiront sans armes, pour se retirer
dans leurs prévostez, comme aussi tous gentilhommes, nobles et
officiers qui sont présentement en la garnison, sans exception
de personne de quelle nation elle puisse être, sans qu'aucune
puisse être arrestée, soubs quel prétexte que ce
puisse être, soit à la sortye de la ville, ou par les
chemins et gistes qu'ils seront obligez de faire pour leur retraites.
2° Ledit Sieur Gouverneur emmesnera toute sa famille avec son
bagage, aussi bien que tous autres cy-dessus mentionnez sans qu'il leur
soit fait tort ny déplaisir ; sçavoir, la cavalerie, tant
chevaux-légers de saditte Altesse que prince de Vaudémont
qu'autres, avec leurs montures, équipages et armes ordinaires,
trompettes sonnantes, avec tymbales, et estendart déployé
; l'infanterie, leurs armes ordinaires ; balle en bouche, tambour
battant, mesche allumée aux deux bouts.
3° Luy sera fourny douze chariots pour la conduite des
bagages tant dudit sieur gouverneur, que des officiers, soldats et
autres.
4° Et au cas que dans quatre jours inclus, à commencer du
premier d'octobre, il ne leur arriveront point de secours capable de
faire lever le siège, ils sortiront avec leurs armes et bagages
comme dit est, et seront conduits en toute seureté par le plus
beau et le plus court chemin à Bitche, et ne pourront estre
obligez à faire plus de quatre heures par jours, qu'ils auront
escorte suffisante pour leurs asseurances par les chemins.
5° Qu'il leur sera fourny les vivres nécessaires, tant pour
les hommes que pour les chevaux, par les chemins et gistes.
6° Qu'il sera permis et loisible à un chacun de se retirer
sur ses biens, soit qu'ils soient scitués en Lorraine, ou sur
les estats du Roy très-chrétien et ailleurs, pour y
demeurer en toute asseurance avec ce qui leur peut appartenir, sans que
pour ce ils ayent besoin de passeport ou sauvergarde.
7° Qu'il ne sera fait aucun tort, ni déplaisir aux
bourgeois, non plus qu'à leurs familles et biens, seront iceux
conservez et maintenus dans leurs privilèges et franchises comme
cy devant ; que même les prestres, et les religieux de la
congragation de Nostre-Dame ne seront molestez, ny inquiettez en leurs
personnes, ou leurs biens.
8° Que les canonniers, mineurs, et grenadiers auront la mesme
capitulation que la soldatesque.
9° Pendant lequel temps de quatre jours ne sera entrepris, par les
armes du Roy très-chrétien, aucune chose sur la
place et dehors, à gens de la garnison, non plus que par ceux de
la garnison sur ceux de dehors, et sera donné ostage de part et
d'autre.
10° Que les soldats seront munis de poudre, plomb et mesche, sans
qu'euz ou lesdits officiers et bagages puissent être fouillez ou
visitez.
11° Sera donné passeport et seureté à deux
personnes pour aller chercher Son Altesse pendant le temps desdits
quatre jours, à l'expiration desquels la place sera remise de
bonne foy entre les mains de Monsieur le maréchal de
Créquy.
12° La garnison de Chastel sera conduite à une heure de
Bitche, sans que les troupes de Sa Majesté
très-chrétienne, tant dans le chemin que dans leurs
passages, leurs apportent aucun obstacle.
Fait au camp devant Chastel le trentiesme et dernier septembre 1670
Signé
: Le Maréchal DE CREQUY.
Démantelement
de la forteresse
Décision fut donc prise de démanteler la forteresse. Il
ne fallut pas moins de six semaines aux Français pour faire
sauter, au moyen d'une immense quantité de poudre, les tours et
les remparts de la forteresse, de manière à en
empêcher le prompt rétablissement pour le cas d'une
nouvelle rentrée du duc de Lorraine dans ses Etats.
Malgré la ferme volonté de destruction des
Français, ceux-ci ne parviennent pas à détruire
dans sa totalité la forteresse. Afin de tout faire disparaitre,
ils décident d'enterrer ce qui reste de la forteresse. Pour
cela, ils mobilisent un grand nombres d'habitants du secteur afin que
ceux-ci, avec force de chariots et de tombereaux, ensevellissent, sous
des tonnes de terre, ce que fut la forteresse de Chatel-sur-Moselle. La
durée de ces travaux est estimée à quatre mois.