Chatel-sur-Moselle




Le Château

La partie primitive


Cette partie fut construite du XIe au XIIe siècle par les Comtes de Vaudémont.

La partie principale de cette zone fut le donjon de 17,5 sur 19,5 m de côté sur trois étages. Ce donjon a servit dès sa construction d'habitation. Chacun des étages avait une hauteur assez importante, ce qui en rendait le chauffage très difficile.

Il a donc été décidé la construction, à l'est du donjon, d'un bâtiment seigneural, dont la hauteur de plafonds était moins importante, donc plus facile à chauffer.

Sur cette première photo, nous aperçevons en arrière plan une maison aux volets verts. Cette maison, moderne par rapport au château, se trouve construite sur l'emplacement du pont-levis dont l'évocation sera faite plus loin.

 Dans cette partie primitive, d'autres corps de bâtiments avaient été construits.


En voici une liste :
La première ajout

Au XIIIe siècle, les comtes de Vaudémont décident de doubler la surface du château.

Cette zone possédait deux tours du côté de la Moselle (au sud) et des écuries. Deux tours furent érigées à l'ouest du donjon (dont l'une face au batiment au volet vert visible sur la première photo), ainsi qu'une muraille englobant la future église St-Laurent construite au XVe siècle.


Sur le côté nord de ces deux parties du château (du XIe au XIIIe siècle) se trouvait un village, transformé au XVe siècle en place avec granges, magasins de réserve et habitations de vassaux et du personel du château.




La deuxième ajout

A l'extinction de la branche des Vaudémont, le château de Chatel-sur-Moselle devint propriété des Seigneurs de Neufchatel. Ceux-ci décidèrent d'agrandir de nouveau (durant la période 1410 - 1430) le château. Ils construisirent une muraille, agrémentée de 5 tours, au nord de ce qui avait été construit par les comtes de Vaudémont. C'est à cette époque que fut également construit le pont-levis évoqué plus haut. Les fondations de ce pont-levis se trouvent actuellement sous le batiment visible sur la première photo de cette page.

Ce qui était la grange et les écuries de la partie initial du château devient l'arsenal. Ce bâtiment est alors pourvu de bouches de ventillations afin de limiter le taux d'humidité dans le but de ne pas perdre la bonne qualité de la poudre entreposée.

Il a également été construit à cette même époque la salle des fêtes ainsi qu'un logis seigneurial entre la première et la deuxième partie du château construite par les comtes de Vaudémont.
Dans ces batiments d'habitation, nous pouvons y découvrir, entre-autre, une boulangerie dont l'un des murs permet l'accès à un puit afin d'y puiser l'eau nécessaire à la fabrication du pain.
Le pompage de l'eau se faisait à l'aide de tuyaux en chêne dont le coeur avait été creusé. Au cours des fouilles de dégagement du château, plusieurs de ces tubes ont été découverts.







Dans ce logis Seigneurial, d'autres pièces sont encores visibles de nos jours. Comme  il a déjà été précisé, la hauteur de ces pièces permetait un meilleur chauffage.














La dernière modification du château

Les techniques de la guerre se sont modifiées. En effet, jusqu'à la période 1410-1430, les boulets de canons étaient en pierre et faisaient donc "relativement peu de dégats".

A partir de la période 1443-1460, les canons deviennent plus efficaces. En effet, ils envoient maintenant des boulets, non plus en pierre, mais de métal. Il est donc impératif de protéger plus efficacement la partie principale du château, à savoir la zone initiale, la première extension à l'est ainsi que la partie nord. Pour cela, une muraille supplémentaire, moins haute, dotée de 7 tours est édifiée sur toute la périphérie du château.

Sur la façade nord du château est édifié un large fossé de terre, barré en son milieu d'une haie d'épines. La partie sud du château étant "relativement" protègée par la Moselle.


Au final, la ville, fondée au début du XIIIe siècle, était close de murailles flanquées de 12 tours et dotées de 2 portes fortifiées. Elle comptait au XVe siècle de 650 à 700 habitants.

La forteresse, à elle seule, couvrait 5 hectares, développait 1,4 km de remparts et comptait 22 tours dont le donjon.

La guerre de trente ans à Chatel-sur-Moselle

Comme un grand nombre de place fortes de Lorraine, Chatel à subit de nombreux sièges. 12 au total.

Ici, comme pour les autres places fortes de Lorraine, Chatel devait "tomber" afin, d'une part, de permettre le libre passage des armées du roi de France vers l'est, c'est-à-dire l'Empire Germanique et d'autre part, que les Lorrains se soumettent à l'autorité du roi de France.

Chatel-sur-Moselle capitula en 1670.

Articles de la capitulation de Chatel

Article que présente le Sieur de Beaufort, bally et gouverneur de Chatel, à Monseigneur le maréchal de Créquy (chargé d'exécuter les volontés de Louis XIV) :

Que sa personne avec tous les officiers auront la vie et bagues sauves avec tous les soldats ; sçavoir chevaulz-légers des compagnies de son altesse et prince de Vaudémont, les  mousquetaires de Son Altesse, simples cavaliers, ensemble tout le reste de l'infanterie, à l'exception des  Esleuz qui sortiront sans armes, pour se retirer dans leurs prévostez, comme aussi tous gentilhommes, nobles et officiers qui sont présentement en la garnison, sans exception de personne de quelle nation elle puisse être, sans qu'aucune puisse être arrestée, soubs quel prétexte que ce puisse être, soit à la sortye de la ville, ou par les chemins et gistes qu'ils seront obligez de faire pour leur retraites.

2° Ledit Sieur Gouverneur emmesnera toute sa famille avec son bagage, aussi bien que tous autres cy-dessus mentionnez sans qu'il leur soit fait tort ny déplaisir ; sçavoir, la cavalerie, tant chevaux-légers de saditte Altesse que prince de Vaudémont qu'autres, avec leurs montures, équipages et armes ordinaires, trompettes sonnantes, avec tymbales, et estendart déployé ; l'infanterie, leurs armes ordinaires ; balle en bouche, tambour battant, mesche allumée aux deux bouts.

3°  Luy sera fourny douze chariots pour la conduite des bagages tant dudit sieur gouverneur, que des officiers, soldats et autres.

4° Et au cas que dans quatre jours inclus, à commencer du premier d'octobre, il ne leur arriveront point de secours capable de faire lever le siège, ils sortiront avec leurs armes et bagages comme dit est, et seront conduits en toute seureté par le plus beau et le plus court chemin à Bitche, et ne pourront estre obligez à faire plus de quatre heures par jours, qu'ils auront escorte suffisante pour leurs asseurances par les chemins.

5° Qu'il leur sera fourny les vivres nécessaires, tant pour les hommes que pour les chevaux, par les chemins et gistes.

6° Qu'il sera permis et loisible à un chacun de se retirer sur ses biens, soit qu'ils soient scitués en Lorraine, ou sur les estats du Roy très-chrétien et ailleurs, pour y demeurer en toute asseurance avec ce qui leur peut appartenir, sans que pour ce ils ayent besoin de passeport ou sauvergarde.

7° Qu'il ne sera fait aucun tort, ni déplaisir aux bourgeois, non plus qu'à leurs familles et biens, seront iceux conservez et maintenus dans leurs privilèges et franchises comme cy devant ; que même les prestres, et les religieux de la congragation de Nostre-Dame ne seront molestez, ny inquiettez en leurs personnes, ou leurs biens.

8° Que les canonniers, mineurs, et grenadiers auront la mesme capitulation que la soldatesque.

9° Pendant lequel temps de quatre jours ne sera entrepris, par les armes du Roy très-chrétien, aucune chose sur la  place et dehors, à gens de la garnison, non plus que par ceux de la garnison sur ceux de dehors, et sera donné ostage de part et d'autre.

10° Que les soldats seront munis de poudre, plomb et mesche, sans qu'euz ou lesdits officiers et bagages puissent être fouillez ou visitez.

11° Sera donné passeport et seureté à deux personnes pour aller chercher Son Altesse pendant le temps desdits quatre jours, à l'expiration desquels la place sera remise de bonne foy entre les mains de Monsieur le maréchal de Créquy.

12° La garnison de Chastel sera conduite à une heure de Bitche, sans que les troupes de Sa Majesté très-chrétienne, tant dans le chemin que dans leurs passages, leurs apportent aucun obstacle.

Fait au camp devant Chastel le trentiesme et dernier septembre 1670
Signé : Le Maréchal DE CREQUY.


Démantelement de la forteresse

Décision fut donc prise de démanteler la forteresse. Il ne fallut pas moins de six semaines aux Français pour faire sauter, au moyen d'une immense quantité de poudre, les tours et les remparts de la forteresse, de manière à en empêcher le prompt rétablissement pour le cas d'une nouvelle rentrée du duc de Lorraine dans ses Etats. Malgré la ferme volonté de destruction des Français, ceux-ci ne parviennent pas à détruire dans sa totalité la forteresse. Afin de tout faire disparaitre, ils décident d'enterrer ce qui reste de la forteresse. Pour cela, ils mobilisent un grand nombres d'habitants du secteur afin que ceux-ci, avec force de chariots et de tombereaux, ensevellissent, sous des tonnes de terre, ce que fut la forteresse de Chatel-sur-Moselle. La durée de ces travaux est estimée à quatre mois.


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